La petite maison dans les grands arbres

     Cette année, nous n’avions qu’un temps assez court pour notre rando de printemps. Aussi, comme nous gardions un souvenir ému d’une grande randonnée autour de Quimperlé (il y a 7 ans tout de même !), avons nous décidé d’y retourner.
La région est magnifique, sillonnée de rivières (l’Isole, l’Ellé, le Naïk) et de chemins tranquilles et ponctuée de moulins et de petits ponts. Le pays est très, très, très vallonné (et je pèse mes mots). Bref, une merveille pour qui aime la tranquillité et l’exercice physique très physique.

MAI 2016 QUERRIEN + CERCLE CELTIQUE 007Nous étions logés tout près de Querrien, à Penquelen, un peu au milieu de nulle part, dans une cabane dans les arbres… Ce qui ajoute encore au côté « physique » des vacances lorsque, comme moi, on est assez distrait et qu’on passe son temps à oublier ses affaires (en bas quand on est en haut. en haut quand on est en bas. Évidemment ! Sinon, ça ne serait pas drôle !).

Au bout d’une première journée éprouvante en terme d’étourderie, nous avons fini, sur ordre de Christine (très directive quand elle en a plein les pattes), par installer un système de cordes… Un « va-t-en-venir » comme on dit à Groix.

PENQUELEN MAI 2016 006Pas de grand luxe ici. A l’intérieur : bannettes, toilettes sèches, poêle à bois, un robinet d’eau froide, un micro-ondes et une bouilloire électrique. A l’extérieur, une douche avec eau chaude (c’est cela le vrai luxe !) le long du tronc de l’arbre.

MAI 2016 QUERRIEN + CERCLE CELTIQUE 010En bas, un paddock pour nos ânes avec clôture électrique, eau et foin à volonté.

Deux chemins de terre partent de Penquelen et permettent de commencer tout de suite les randos.
Pour une balade à la 1/2 journée, le moulin de Kerivarc’h est l’endroit idéal. Bien entendu, je parle d’attelage d’âne. Un randonneur à pied ou à cheval ira beaucoup plus vite.

 

Pour une rando à la journée, le périple autour du moulin Mohot est une merveille. querrien 2009 178

Un inconvénient tout de même : les charrettes jusqu’à un mètre de large passent sur la passerelle (comme c’est très juste, mieux vaut dételer). Pour les 1,20 de large (ce qui est mon cas), il faut porter la charrette. A trois c’est faisable… Mais fatigant !

La commune de Quimperlé a édité une jolie rando de 30 kms ou plus (à faire en deux jours pour nous) curieusement balisée avec des silhouettes de lapins roses.
L’équibreizh passe dans le coin, le GR 34 aussi.

Nos hôtes de Penquelen, qui connaissent la région comme leur poche, nous ont guidé pour les autres balades.
On trouve à Querrien tout ce qu’il faut pour se restaurer : boulangeries, épiceries, restaurant… Donc inutile de courir partout.
La médiathèque est installée dans une chapelle qui, semble-t-il, à été déménagée de son lieu d’origine et remontée dans le Bourg de Querrien.

Nous nous tenons à votre disposition pour communiquer les tracés des randos.

Nos hôtes, Anne-Gaëlle et Siéphane Le Hen, ont aussi un grand gîte du côté de Guiscriff (avec une salle pouvant accueillir jusqu’à 50 personnes) baptisé Kerteuf car on peut y faire la fête et y braire jusqu’à pas d’heure.

Lorient- Rennes… mais pas par la 4 voies

Ciel d’orage sur rivière en crue.

Dans un ciel noir d’encre plane un oiseau de proie…
Nous sommes parties depuis trois jours des environs de Lorient et nous faisons route vers Rennes. Nous sommes quatre : Dominique, accompagnée de Lilas, sa petite ânesse marocaine de 18 ans et moi-même, Elizabeth, avec Philomène, ânesse solide et paisible de 13 ans.

Sur nos carrioles de randonnée sont accrochés, derrière le dossier, les tentes « qui se jettent » à une place, quelques piquets de clôture et un seau. Sur et sous le siège, les sacs étanches avec nos vêtements, sacs de couchage et matelas et matériel de « cuisine ».
Et nous n’avons pris que l’essentiel !

 

La météo était annoncée exécrable… Elle l’est :
-1er jour : quelques averses
-2ème jour : il pleut…
-3ème jour : il pleut +vent fort…
-4ème jour : déluge +tempête (120km/heure !)… Mais nous avançons toujours et nos ânesses marchent courageusement bien protégées par leur couverture imperméable (car, en fait, il pleuvra tous les jours).

…Ce fût l’occasion pour Dominique de faire trois découvertes navrantes : ses sacoches étanches, commandées pour l’occasion, ne le sont pas… Son pantalon imperméable ne l’est pas non  plus… Quant à son matelas auto-gonflable, il reste désespérément plat…Dominique ne peut que constater les dégâts.

Au milieu de cette météo « dantesque » où l’eau des gouttières sort à l’horizontale, les rivières sont en crues et les péniches ne peuvent plus franchir les écluses. Nous traversons pourtant de magnifiques villages de chaumières anciennes et nous gardons un moral d’acier (il le faut !). Par vent arrière, Lilas, poussée par sa carriole, trotte allégrement et Philomène, imperturbable, avance à pas mesurés. Tout au long de notre périple (10 jours tout de même), le pique-nique du midi s’avèrera problématique à cause du temps. Mais pour le soir, prudemment, nous avions prévu divers hébergements : hangars agricoles, gîtes, manoirs, fermes, château et même camping ! Partout l’accueil a été chaleureux. Nous en garderons un souvenir inoubliable.

Quant à nos ânesses, nous avons pris soin de les abriter tous les soirs car Philomène, après une première nuit pluvieuse et venteuse,  dans une pâture avec seulement sa couverture, s’est mise à tousser. Elle fera toute la randonnée avec ma cape de pluie en guise d’écharpe et du « mercurius  solubilis 9ch » trois fois par jour. Nous déploierons des trésors d’imagination pour les mettre à l’abri : stabulation, box, abri de jardin, demi-garage à partager avec des motoculteurs, préau d’école et même bâche façon pergola.

 Halte seigneuriale pour nos fiers destriers.

Dans notre itinéraire, bien préparé, nous avons alterné petites routes, chemins, GR, voies vertes et halages et tout s’est déroulé sans problème jusqu’à un certain soir. Ce soir-là donc, nous nous faisions une joie de passer la nuit au château de la Ville- Hue. Fatiguées mais confiantes, nous arrivons en vue du château. La sensation est étrange : tout est à l’abandon. Les bâtiments, magnifiques mais sinistres, sont cernés par les bois. On croirait un « remake » de la belle au bois dormant. Inquiètes, nous téléphonons à notre châtelain. Horreur !  Nous sommes à la Ville-Huë et non à la Ville-Hue : nous nous sommes trompées d’un tréma et notre étape est encore à 10 kms alors que nous en avons déjà 25 dans les pattes… Nous voilà donc au trot sur la D172 afin de rattraper la 4xvoies sous laquelle nous devons passer. Heureusement nous ne ferons que la moitié du trajet car c’est, coup de chance, le seul soir où mon mari nous rejoint avec son camion. Nous y collerons, en vrac, carrioles, ânes et randonneuses !
Fouettées par le vent, rincées par la pluie et frigorifiées par les deux, nous plaçons sans rancune cette randonnée parmi les plus belles que nous ayons faites.
Nous sommes toujours fières  de la confiance, du courage et de l’endurance de nos ânesses capables, s’il le faut, de suivre les chevaux sur des étapes de 40 kms (si, si! elles l’ont fait), de franchir les gués ou les passerelles, de traverser les villes ou de grimper les pires raidillons avec entrain et sans jamais s’affoler.
Signalons, par respect pour nos ânesses qui traînaient tout notre « barda », que nous avons marché à leurs côtés la moitié du temps et qu’elles sont rentrées au bercail sans plaies ni bosses.
Dominique Lauprêtre et Elizabeth Mahé

Philomène et Lilas enfin débarrassées des capes et des bagages.
Philomène et Lilas enfin débarrassées des capes et des bagages.

 Merci à « l’Escale du Blavet », la famille Le Guidec à Keriquel, la famille Charlotin à Moréac, la maison éclusière à Josselin, la famille Ducrot à la Motte, la famille de Raguenel à la Ville-Huë, le gîte communal de Bovel, celui de Messac et le camping de la Courbe à Bourg-des-Comptes.