Restons zen !

 

Restons zen !

Nous sommes 3 attelages ce matin-là, en randonnée du côté de Querrien (près de Quimperlé, dans le Finistère). Nous avons décidé de nous balader dans les bois en suivant le circuit édité par la commune.

Ulysse, petit âne sarde et randonneur débutant, mené par Christine, a pris la tête : le coin, bien tranquille, est parfait pour le mettre en confiance. Derrière, suivent la grande Quinoa et Lilas, la petite ânesse marocaine de Dominique.

PENQUELEN MAI 2016 033Soudain, voilà Lilas prise de panique, partie au galop, accrochant ma charrette au passage.
- « Attention au chien ! » crie Dominique, cramponnée aux guides de son ânesse.
Effectivement, un énorme berger allemand venu de nulle part, bondit autour des ânes, le dos hérissé, aboyant comme un fou.
- « Dégage ! lui crie Christine, mais dégage à la fin ! »
Le furieux continue son cirque, les crocs à quelques centimètres du museau d’Ulysse, qui, Dieu merci, semble pétrifié.
- « Vous allez baisser d’un ton et parler à mon chien autrement ! » braille une voix féminine venue du fond du bois.
Arrive, les mains dans les poches et l’allure faussement décontractée, la maitresse du chien qui nous gratifie d’un petit laïus tandis que son affreux clébard continue à hurler comme un perdu. Il a maintenant les crocs tout près de la gorge d’Ulysse toujours changé en statue de sel.
- « Mon chien est très joueur, c’est dans sa nature et ce n’est pas la peine d’aller contre. Il a vu les roues des charrettes et ça l’amuse. C’est comme ça. Moi-même je reste très zen et tant que je n’aurai pas récupéré mon chien ce n’est pas la peine de vous énerver. »
14 MAI 2016 PENQUELEN 004Nous restons abasourdies (et muettes) devant autant de bêtise. Manifestement, elle ne connait rien aux équidés (ce que je ne lui reproche pas), ni aux chiens non plus (ce qui est plus ennuyeux). Tout peut partir en vrille très vite et là, ça fait déjà un moment qu’on risque l’accident.
- « Il a 2 ans, il est jeune, il faut bien qu’il s’amuse ».
Ah! Évidemment, si c’est pour jouer, ça change tout. Il faut peut être que Christine fasse des excuses au chien. Il me semble qu’elle a été un peu discourtoise.
L’hurluberlue s’avance vers nous d’un pas nonchalant bardée d’une aura de zénitude (plus zen tu meurs !)
Son chien est maintenant sous le ventre des ânes. Je lui conseille de le rappeler au plus vite avant qu’il ne se retrouve avec un museau de boxer.
- « Et bien ça lui servira de leçon ! » répond l’amie des bêtes.
A genoux près de ma charrette, elle essaie enfin d’attraper son chien. Sa zénitude en prend un sacré coup lorsqu’il se retourne brusquement et tente de la mordre. Pas très rassurée, elle tente de l’empoigner par le cou. Par deux fois les crocs frôlent sa main.
Christine, décidément de mauvaise humeur, lui demande si ça va durer encore longtemps. L’amie des bêtes ne répond plus, trop occupée à récupérer son bestiau sans se faire déchiqueter un bras. Elle y arrive enfin et s’éloigne piteusement.

Nous les recroiserons un peu plus loin, chien tenu en laisse et muselé.
J’ai déjà eu des chiens joueurs mais je n’ai jamais ressenti le besoin de me balader avec une muselière dans la poche. Une erreur, je pense…